Quand Chill-out fonctionne
Le chill-out est la seule musique de ce cadran qui n'a pas été réaffectée à l'heure où elle se trouve. Ces disques ont été écrits pour la fin de la nuit par des gens qui avaient connu beaucoup de fins de nuit, et cela s'entend à leur façon de traiter le silence.
Le genre a un problème d'image, et cette image est une compilation de plage avec un coucher de soleil sur la pochette. C'est mérité — il en existe des centaines et la plupart sont du mobilier. Les cinq ci-dessous sont des albums, faits par des gens qui avaient quelque chose à dire, et ils supportent d'être écoutés plutôt que seulement laissés en fond.
Minuit est la limite naturelle. Ensuite la page classique prend le relais, car à une heure du matin même le downtempo a trop de percussions.
D'où cela vient
C'est la seule musique du cadran qui porte le nom d'une pièce. À la fin des années quatre-vingt, les soirées gardaient une salle plus calme à côté de la piste, et ce qu'on y passait est devenu le genre — The KLF sortent en 1990 un album intitulé Chill Out et le mot est resté.
La deuxième source est une terrasse. Le Café del Mar d'Ibiza avait un résident, José Padilla, qui passait des disques face au coucher du soleil ; la première compilation au nom du bar paraît en 1994 et vend l'idée d'un lieu à des gens qui n'y iront jamais.
La troisième est Bristol, où Massive Attack font Blue Lines en 1991 à un tempo que personne d'autre n'employait à la radio britannique. Tout ce qui est sur cette page descend de l'une de ces trois sources, et les albums retenus sont ceux qui supportent d'être écoutés au lieu d'être seulement laissés en fond.
Chill-out : cinq disques
- Massive Attack, 1991Blue Lines.
Là où tout commence. Plus lent que tout ce qui passait à la radio en 1991, et parfaitement sûr de lui. Le disque a été fait en huit mois dans une cave de Bristol sur du matériel emprunté, et le tempo lent vient des sound systems devant lesquels le groupe avait grandi.
- Air, 1998Moon Safari.
Deux Français, de vieux synthétiseurs et un goût irréprochable. Toujours le disque le mieux enregistré de sa décennie. Air l'ont bâti sur un Wurlitzer, un Minimoog et un vocodeur d'occasion, et ont refusé d'employer un ordinateur pour autre chose que le montage final.
- Thievery Corporation, 2000The Mirror Conspiracy.
Dub, bossa nova et instruments indiens, assemblés avec plus de soin que le genre n'en reçoit d'ordinaire. Garza et Hilton avaient leur propre label et ont enregistré l'essentiel dans une cave de Washington, avec des chanteurs invités arrivés un par un sur trois ans.
- Zero 7, 2001Simple Things.
Trois voix, dont Sia avant que personne ne la connaisse. Les chansons valent mieux que la production, ce qui est rare ici. Sia Furler chante trois morceaux et était inconnue ; le disque était disque de platine en Grande-Bretagne avant que personne hors du studio ne sache son nom.
- Bonobo, 2010Black Sands.
Un groupe en chair et en os jouant une musique bâtie sur des échantillons. Le seul disque ici qui gagne sur une bonne installation. Simon Green a refait ses propres échantillons en parties jouées pour un groupe de neuf musiciens, et le disque continue pour cela de s'ouvrir sur une bonne installation au lieu de s'aplatir.
L'objection honnête
La première compilation Café del Mar de 1994 a plus fait pour cette musique qu'aucun des cinq, et elle est moins un disque qu'une pièce. Je l'ai écartée parce qu'une compilation n'apprend rien sur la façon dont un album se construit. Si c'est l'ambiance qui vous intéresse et non le métier, commencez par là et passez cette page.
Les visages du disque
William Gottlieb a photographié les clubs de New York entre 1938 et 1948 pour Down Beat et le Washington Post. Les négatifs sont à la Library of Congress ; les images sont dans le domaine public.







